Repères

Points de vue

Petite compilation ci-dessous des points de vue des consultants qui façonnent la culture Redjep. A défaut d'être particulièrement prolixe sur les réseaux sociaux, le cabinet a dans son ADN une démarche d'observation active des organisations et de leur sociologie, et la partage volontiers avec ses clients et partenaires. C'est d'ailleurs de ce partage qu'est née, en sus des activités de conseil aux entreprises, une offre de services plus directement tournée vers les échanges individuels entre les membres du cabinet et leurs clients.

Q&R

Nos propos n'engagent que nous. Ils vous interpellent ? Réagissez.

#Transfonum

Q? // La transformation digitale, n'est-ce pas un concept bateau que personne ne comprend de la même manière ? &R // Il est vrai qu'il y a déjà d'une part le numérique des ingénieurs, qui sert à l’optimisation des processus et de l’appareil productif ; on est là sur la compétitivité technologique et les Français sont excellents dans ce domaine. Et puis il y a le numérique au service de la relation client, de l’expérience client, et là, non seulement ce sont évidemment les Américains qui dominent, mais de plus trop d'entreprises françaises sont totalement nulles sur le sujet et ne s’en rendent même pas compte. La faute justement à un appétit particulier pour les concepts fumeux, très larges, dont on parle sans fin mais qu'on a du mal à concrétiser. Ce que nous voyons, c'est que la transformation numérique, c'est une question d'action : quand les entreprises agissent sur le numérique, leur connaissance se précise et le flou disparaît à la faveur des retours d'expériences, tous différents, mais très concrets et davantage partageables.

#déni

Q? // Pourquoi certaines entreprises continuent-elles de dénigrer le poids de leurs concurrents numériques en ne se sentant pas concernées ? &R //
« Notre maison brûle et nous regardons ailleurs. » La phrase du Président Chirac sur le climat est 100% transposable à la montée en puissance du numérique. Certains secteurs sont sans doute trop riches et installés dans un trop grand confort pour parvenir à considérer que leur puissance d'aujourd'hui est friable, uberisable. Il est difficile psychologiquement de s'extraire du carcan de l'habitude, des process que l'on a mis du temps à construire et qui sont la recette des succès connus ; c'est naturel, quasiment inhérent à la nature humaine. L’ensemble des méthodes, outils, retours d’expériences de 25 ans de digitalisation sont pourtant accessibles à qui les cherche, et toute la sphère économique et politique en parle. Quand on présente nos benchmarks créatifs et marketing, on entend encore trop de remarques du type « Ah mais oui mais ça ce n'est pas pour nous, chez nous c’est différent... », voire pire : "On n'arrivera jamais à faire ça..." De notre côté, on considère qu'il n'y a pas de fatalité, il faut démarrer, tester, apprendre, et ensuite on peut savoir ce qu'on peut ou ce qu'on ne peut pas faire.

#compétences

Q? // Pourquoi certains décideurs pensent-ils que les enjeux numériques peuvent être gérés par les équipes existantes sans recrutement de nouvelles forces vives ni de nouvelles compétences ? &R // Nous n'avons pas d'avis tranché sur la question, car cela dépend beaucoup des organisations que l'on étudie. Ce que l'on voit cependant, c'est que les décideurs boomers sont souvent arrivés aux postes de management au mérite ou à l’expérience, mais manquent parfois de compétences managériales et de culture multi-sectorielle. Par ailleurs, la relative homogénéité de la sphère dirigeante (écoles de commerce, écoles d’ingénieurs) favorise un entre-soi et une forme de technocratie peu favorables à une gestion dynamique de compétences : on a besoin avec le numérique de compétences ancrées dans le réel, éventuellement autodidactes, créatives et peu normées. C'est d'ailleurs pour cela que de nombreuses initiatives de rapprochement entre start-ups et grands groupes ne fonctionnent pas, et c'est tout l'enjeu de l'open-innovation : décloisonner et accepter de lâcher prise sur le pouvoir managérial au profit du pouvoir de l'expérimentation.

#R&D

Q? // Pourquoi les services traditionnels (distribution, tourisme, ...) investissent-ils si peu voire aucunement en Recherche & Développement ? &R // En France, on a la culture de l’investissement productif : on remplace des équipements existants par d'autres plus modernes et/ou plus performants, on investit dans des communications pour valoriser nos process, traditions et patrimoines, et ça nous suffit. Les études comportementales nous ennuient, les avis clients nous ennuient, les prospectivistes & les chercheurs sont souvent considérés comme des illuminés et des théoriciens, bref, on est plus à l’aise avec la « gestion courante » qu’avec le « prototypage exploratoire ». Ce sont au final des entreprises qui ont compris le poids des marques qui investissent en R&D pour éprouver les opportunités du digital en situation réelle : les meilleurs flagship stores sont des showrooms de marques aujourd'hui, et les réflexions autour de la marque employeur et de l'empreinte environnementale des entreprises font bouger les lignes en intégrant de nouvelles données dans les tableaux de bord de décision.

#Générations

Q? // Existe-t-il un vrai conflit de génération sur le digital ? &R // On ne peut pas nier que les transformations culturelles liées à l'usage massif du numérique ne peuvent pas être vécues de la même manière si on a grandi avec un smartphone en main ou sans. Ce qui me gène surtout, c'est que certains recruteurs pensent que la jeunesse digitalisée est une opportunité d’avoir des gens compétents sur le numérique et payés peu cher (en oubliant d'une part qu’ils peuvent gagner des dizaines de milliers d’euros grâce à leurs propres chaines YouTube, d'autre part que ce n'est pas parce-qu'ils sont jeunes qu'ils sont compétents en tech – et après ces mêmes recruteurs s’étonnent que les jeunes ne veulent plus venir dans les entreprises classiques) je ferme la parenthèse. Il reste aussi la question des décideurs qui ont peur du numérique et qui le regarde de loin ; on connait des chefs d'entreprises qui ne font pas la différence entre le numérique des jeux vidéos ou des réseaux sociaux et le numérique de l'optimisation de leur parcours client... Certains croient même que leurs vrais clients vont continuer de venir à eux physiquement comme avant. Nous pensons surtout qu’encore trop de décideurs pensent que le numérique est une affaire de geeks qui manipulent de sombres outils, et pas une question de stratégie d’entreprise qui doit infuser toute l’organisation.

#Investissement

Q? // Pourquoi le financement du numérique se fait-il à coup de millions sur des TPE dites « start-up », mais pas sur les autres TPE, et reste timide dans des entreprises qui ont déjà un business model et de l’expérience ? &R // C’est le grand débat de l’innovation. Les grands groupes montent leurs propres incubateurs, créent des spin-offs de croissance, et les entrepreneurs qui créent des start-ups vont pitcher leurs projets à des investisseurs qui ont l’habitude de prendre des risques. Autour, c’est malheureusement bien trop souvent le désert : beaucoup d'entreprises n’ont que leur marge opérationnelle pour investir, et elle est souvent ridicule en montant face à la puissance du capital investissement ou du capital développement. Sinon, elles ont les prêts bancaires, qui sont à l’opposé de l’agilité financière requise par l’innovation. Reste pour les TPE les aides locales ou régionales, les subventions poussées par #FranceNum, mais peu savent qu'elles existent. Il faut changer le rapport à l'investissement dans le digital, sinon, aucune entreprise ne pourra faire face aux géants Etats-Uniens ou Asiatiques qui investissent massivement sur tous les terrains de l'innovation et prennent le pouvoir par l'expérience technologique, la collecte de la data, et la maîtrise des usages.

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